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Carnet de voyage : la croisière de 4 jours d’Anda, de Lombok à Komodo

Carnet de voyage : la croisière de 4 jours d’Anda, de Lombok à Komodo

Par Nicolas Roos·

Anda Galffy et son mari ont navigué de Lombok à Labuan Bajo à bord d’Al Fatran 3 cette année. Quatre jours et trois nuits, la partie de leurs deux semaines en Indonésie qu’ils attendaient le plus. Anda tient le blog de voyage Travel Notes & Beyond, où elle a raconté le voyage en détail. Elle nous a autorisés à reprendre ses mots et ses photos. La suite est surtout la sienne, avec ce qu’elle a aimé et ce qu’elle n’a pas aimé.

Al Fatran 3, un phinisi en bois, au mouillage au coucher du soleil
Al Fatran 3 au coucher du soleil. Photo : Anda Galffy

Pourquoi un bateau de quatre jours

Son mari voulait avant tout voir des requins-baleines. Ils se nourrissent dans la baie de Saleh, au large de Sumbawa, loin à l’ouest du parc national de Komodo, et les croisières plus courtes n’ont pas le temps de s’y arrêter.

Si vous voulez voir à la fois les requins-baleines et les dragons de Komodo, il vous faudra au moins 4 jours. Et même là, lisez bien l’itinéraire. Tous les voyages de 4 jours ne s’arrêtent pas dans la baie de Saleh, surtout ceux qui vont de Labuan Bajo à Lombok.

Ensuite, elle a comparé les bateaux. Elle a regardé les ponts d’aussi près que les cabines, car sur un voyage de quatre jours on passe l’essentiel du temps dehors. Al Fatran 3 a trois ponts, et c’est en grande partie pour cela qu’ils l’ont choisi.

Rejoindre le bateau

Le bateau quitte le port de Kayangan, sur la côte est de Lombok, vers 14 h. Chaque passager est pris en charge à son hôtel. Le chauffeur traverse l’île de l’un à l’autre, si bien que les premiers récupérés peuvent passer cinq ou six heures en voiture. Anda et son mari logeaient à Mataram, l’un des derniers arrêts, et sont arrivés au port en moins de deux heures. Si vous faites ce voyage, logez le plus près possible de Kayangan.

Un membre de l'équipage briefe les passagers sur le pont principal le premier après-midi
L’équipage présente le programme le premier après-midi. Photo : Anda Galffy

Jour 1 : l’île de Kenawa

Le seul arrêt du premier jour est Kenawa, une petite île inhabitée au nord-ouest de Sumbawa, atteinte vers 16 h 30. On a le temps de se baigner, puis de monter sur la colline derrière la plage pour le coucher du soleil. Il n’y a ni électricité ni eau douce sur Kenawa, seulement de la savane, quelques cabanes en bois et deux ou trois kiosques.

Des passagers regardent le coucher du soleil depuis la colline de l'île de Kenawa
Le coucher du soleil depuis la colline de Kenawa. Photo : Anda Galffy

Après le dîner, on s’est allongés sur les transats du pont supérieur. Sans aucune lumière de ville autour de nous, le ciel était rempli d’étoiles, plus que nous n’en avions vu depuis des années.

Jour 2 : les requins-baleines de la baie de Saleh, puis Doropeti

Réveil à 5 h. Les requins-baleines de la baie de Saleh se nourrissent près des bagans, les plateformes de pêche qui travaillent toute la nuit, et les pêcheurs les retiennent près de la surface à l’aube avec du petit poisson. En quelques minutes, le premier requin était entouré de nageurs avec palmes, masque et tuba.

Des nageurs à côté d'un requin-baleine dans la baie de Saleh, vus d'en haut
Un requin-baleine dans la baie de Saleh à l’aube. Photo : Anda Galffy

Anda le dit franchement : elle n’a pas eu la matinée qu’elle espérait. Le courant était fort et, après quelques tentatives pour s’approcher, elle est revenue à la nage et a regardé depuis le pont. La session a duré environ 90 minutes, puis petit-déjeuner.

Observer les requins aux bagans pose une vraie question. Certains équipages nourrissent volontairement les requins pour les garder sous la plateforme jusqu’à l’arrivée des bateaux. Nous disons ce que nous en pensons, études à l’appui, dans Le tourisme requin-baleine en Indonésie est-il éthique ?

Doropeti, au large de Sumbawa, c’était l’inverse : une eau calme, chaude et assez claire pour voir le fond depuis le bateau. Des îlots rocheux plongent directement dans une eau peu profonde pleine de poissons de récif, de coraux et d’étoiles de mer bleues. L’après-midi et la nuit sont consacrés à la longue traversée vers le parc national de Komodo.

Une personne avec masque et tuba au-dessus d'un récif peu profond à Doropeti, Sumbawa
Le récif peu profond de Doropeti. Photo : Anda Galffy

Jour 3 : Manta Point, Komodo, Pink Beach et Padar

La journée la plus chargée, et pour Anda la meilleure. Elle a commencé par une dérive à Manta Point : les annexes vous déposent en amont du courant et vous suivent.

Le courant était fort, presque comme une rivière, et il nous a ramenés étonnamment vite vers [Al Fatran 3]. Il suffisait de flotter et de regarder en bas. Sous nous, des raies manta passaient, des tortues nageaient tranquillement au fond, et des poissons de toutes les couleurs allaient et venaient dans le corail.

Des passagers remontent dans l'annexe après la dérive à Manta Point
Retour dans l’annexe après la dérive à Manta Point. Photo : Anda Galffy

Ensuite l’île de Komodo, à pied avec un ranger du parc, ce qui est obligatoire. Les rangers portent des bâtons fourchus pour tenir les dragons à distance. Les attaques sont rares, mais elles arrivent quand un dragon est acculé ou dérangé. Les droits d’entrée du parc se paient en plus du bateau : voyez notre page sur les droits d’entrée du parc national de Komodo, et notez que le parc applique un quota de visiteurs journalier depuis avril 2026.

Des visiteurs observent deux dragons de Komodo avec un ranger sur l'île de Komodo
Des dragons de Komodo au repos près du sentier, avec un ranger à côté. Photo : Anda Galffy

Pink Beach l’après-midi : l’équipage vous dépose et vous laisse profiter. La couleur est bien réelle. Elle vient des coquilles rouges de minuscules organismes du récif et de fragments de corail orgue rouge mêlés au sable blanc. C’est un rose pâle plutôt qu’un rose vif, plus marqué au bord de l’eau. Il est interdit d’emporter du sable, des coquillages ou du corail hors du parc.

Anda marche sur le sable rose de Pink Beach, à Komodo
Pink Beach, parc national de Komodo. Photo : Anda Galffy

Padar au coucher du soleil clôt la journée : environ 800 marches sur une crête raide, dans la chaleur, et une vue sur trois baies de sable blanc, rose et sombre. Pour Anda, c’est le moment le plus marquant du voyage.

Les trois baies vues depuis le sentier du point de vue de l'île de Padar
Les trois baies de Padar depuis le sentier du point de vue. Photo : Anda Galffy

Jour 4 : Kelor et Labuan Bajo

Un dernier arrêt, tôt le matin. Anda prévient que la montée de Kelor est plus courte que celle de Padar mais plus difficile : très raide, sur un sol meuble et glissant, sans marches, et ce matin-là encombrée de monde dans les deux sens. La vue à 360 degrés au sommet vaut l’effort, et la descente est tout aussi délicate. Prévoyez de bonnes chaussures.

Des bateaux au mouillage dans la baie turquoise sous le point de vue de l'île de Kelor
La baie sous le point de vue de Kelor. Photo : Anda Galffy

De l’autre côté de l’île, ils sont partis chercher les jeunes requins de récif qui vivent dans les hauts-fonds. Ils ont nagé vers le large avec masque et tuba et n’ont rien vu. En revenant à pied, de l’eau jusqu’aux genoux, ils ont trouvé les requins tout autour de leurs jambes.

Dans les hauts-fonds de l'île de Kelor, où nagent de jeunes requins de récif
Les hauts-fonds de Kelor, où les jeunes requins de récif s’approchent. Photo : Anda Galffy

Le bateau, selon elle

Anda a réservé avec Michael, de notre équipe, après des heures à comparer les bateaux, et elle dit du bien de lui. Elle est tout aussi directe sur le bateau.

Des poufs et un canapé crème sous l'auvent du pont principal d'Al Fatran 3
Le pont principal, sous l’auvent. Photo : Anda Galffy

Les ponts sont le point fort du bateau. Le pont principal est abrité par un grand auvent, avec un canapé d’angle en cuir, des poufs et deux fauteuils œufs en osier, et il y a un solarium ouvert au-dessus. Ce sont les cabines qui l’ont déçue. La sienne, sur le pont principal, permettait de dormir et de se changer, guère plus. La salle de bains faisait environ deux mètres carrés pour les toilettes, la douche et le lavabo, sans bac de douche, si bien que l’eau coulait sur tout le sol, et une mauvaise odeur y restait malgré leurs efforts.

Le lit double de la cabine Flores à bord d'Al Fatran 3
La cabine Flores. Photo : Anda Galffy

Son conseil : si vous voulez plus d’espace, réservez l’une des deux cabines Senggigi sur le pont supérieur, qui donnent sur une terrasse, et réservez tôt, car ce sont les premières à partir.

Le reste lui a plu. Le café à la proue chaque matin, une bière fraîche sur le pont supérieur chaque soir, une cuisine indonésienne simple, fraîche et copieuse, et un équipage qui aidait pour tout, des annexes au matériel de snorkeling. Le Wi-Fi fonctionnait bien partout à bord, cabines comprises.

Des passagers sur le pont arrière d'Al Fatran 3 au coucher du soleil
Coucher de soleil sur le pont arrière. Photo : Anda Galffy

Est-ce que ça valait le coup ?

Oui, absolument ! Avec le recul, sur nos deux semaines en Indonésie, cette croisière a été de loin le temps fort, et rien d’autre dans notre itinéraire n’a été aussi enthousiasmant.

Si vous pouvez vous contenter d’un confort simple pendant quelques nuits, c’est l’une des plus belles façons de découvrir cette partie de l’Indonésie. Je le referais sans hésiter.

Anda avec un café du matin à la proue d'Al Fatran 3
Le café du matin à la proue. Photo : Anda Galffy

Ce que nous retenons de son récit

Lisez l’itinéraire avant de choisir le bateau. Si les requins-baleines comptent pour vous, vérifiez que votre départ s’arrête dans la baie de Saleh. Ce n’est pas le cas de tous les voyages de quatre jours, surtout dans le sens Labuan Bajo vers Lombok.

Voyez la faune comme probable, pas comme certaine. Anda a vu des requins-baleines, des raies manta, des tortues et des requins de récif. En saison, les chances sont bonnes sur cet itinéraire, mais requins-baleines et raies manta sont des animaux sauvages : certains matins ils ne viennent pas, ou c’est le courant qui décide pour vous.

Voyagez léger. Les cabines sont petites, un bagage cabine suffit, avec des chaussures qui accrochent pour Padar et Kelor.

Le bateau, ses cabines et le calendrier des départs sont sur la page d’Al Fatran 3. Les autres bateaux sur le même itinéraire sont dans notre sélection Lombok – Komodo.

Texte et photos d’Anda Galffy, traduits de l’anglais par nos soins. Son récit complet, avec plus de photos, les prix et une liste de bagages, est sur son blog : Lombok to Labuan Bajo by boat, sur Travel Notes & Beyond (en anglais). La croisière n’était qu’une partie de leurs deux semaines en Indonésie, et elle détaille tout le parcours dans son itinéraire de deux semaines en Indonésie, entre Bali, Java et Komodo.