Dean a plongé en Indonésie pendant cinquante-sept jours ce printemps, du 20 avril au 15 juin. Nusa Penida, Gili Air, Belongas Bay, Komodo, Alor, Bunaken, Bangka et Lembeh, avec deux semaines de volcans, de villages et de dragons au milieu. Sa femme Zita l’a rejoint dix jours. Il nous a envoyé son récit en rentrant, et l’essentiel de ce qui suit vient de lui.
Nusa Penida et Gili Air, les deux premières semaines
Il atterrit à Bali le 20 avril et prend le bateau pour Nusa Penida le lendemain matin. Deux jours plus tard, il a déjà convaincu son centre de renoncer à un second passage à Manta Point pour partir vers le nord. Cela donne le ton du voyage entier : il sait ce qu’il attend d’un site, et il le demande.




Gili Air vient ensuite, dix plongées en cinq jours, et c’est l’étape dont il parle avec le plus d’affection.
Gili Air est une île tellement tranquille. J’ai adoré marcher pieds nus presque tout le temps. L’hôtel était un groupe de bungalows sur la plage, à cent mètres du centre de plongée. Descendre à pied jusqu’au centre le matin est une façon très agréable de commencer la journée.
Deux après-midi, il est le seul à vouloir y aller. Gili Air Divers sort le bateau quand même.
Avoir un guide pour soi et personne d’autre sur le site, c’est un vrai luxe.
Il y trouve aussi ce qui inquiète les plongeurs solos avant de réserver et qu’ils oublient au troisième jour. Il rencontre d’autres voyageurs seuls, ils dînent ensemble et échangent leurs bons plans. Selon ses mots, cela rend le voyage en solo beaucoup plus facile.



Belongas Bay, là où la mer ne plaisante plus
Le sud de Lombok fait face au grand large jusqu’à l’Australie, et The Magnet est un pinacle planté au milieu, coiffé d’une tour de navigation. Wild Scuba Indonesia y emmène quelques plongeurs expérimentés quand la mer le permet. Je l’ai accompagné deux jours.

On y va pour les requins-marteaux. Ils ne sont pas venus, et Dean le dit franchement : pas de requins cette fois. En revanche, une station de nettoyage à raies manta avec, selon son compte, dix à quinze animaux dessus, des barracudas en banc, et des serpents de mer qui ont décidé que les plongeurs faisaient partie de leur groupe de chasse.
Faire partie des groupes de chasse des serpents de mer venimeux restera gravé dans ma mémoire, comme les courants qui venaient de partout même s’ils étaient « doux » pendant mon séjour.
Visibilité de 12 à 15 mètres, eau descendue à 24 degrés par moments. Les chances de voir des marteaux montent à mesure que l’eau refroidit, de mai à septembre, et c’est la seule réponse honnête à la question de la saison : personne ne peut promettre un requin une semaine donnée. Il a déjà dit qu’il reviendrait.
Il a assez aimé pour en écrire le compte rendu dans Undercurrent, la revue de plongée sur abonnement, dix jours plus tard.



Bali avec Zita, et un guide qui parle de sa propre famille
Zita arrive le 6 mai. Ils passent quatre jours du côté culturel de Bali : les rizières de Jatiluwih, le temple Pura Ulun Danu Beratan, les musées et les temples d’Ubud, et une danse le soir. Leur chauffeur et guide pour tout cela, c’est Bernard.

Notre guide, Bernard, a vraiment changé notre façon de comprendre les Balinais. Il est très chaleureux et met une grande fierté à montrer son pays. Apprendre son histoire et celle de sa famille nous a permis de créer un lien qui n’existe tout simplement pas dans les rapports touristiques habituels.
L’autre difficulté balinaise, dans son récit, c’est le dîner. Balinais, asiatique, occidental, géorgien même. Choisir un seul endroit par soir était, écrit-il, aussi amusant que frustrant.



Komodo, où les meilleurs dragons étaient hors du parc
Zita photographie la faune sauvage pour vivre, et elle voulait autre chose que l’heure réglementaire sur Rinca. Komodo a donc été construit autour d’elle : un bateau privé depuis Labuan Bajo avec un arrêt snorkeling et la plage rose en chemin, trois nuits chez l’habitant dans le village de l’île de Komodo elle-même, et un guide qui travaille dans le parc et sait aussi où sont les animaux quand ils n’y sont pas.

Ils font une visite à l’intérieur du parc national. Le reste du temps, ils sont dehors avec le guide du village, et c’est là que le voyage a lieu, avec un jeune dragon et assez de temps pour que Zita travaille avec la caméra de terrain qu’elle a fabriquée elle-même.
Nous avons fait une visite dans le parc, mais nous avons clairement vécu une meilleure expérience en dehors du parc, près du village.
Sur le logement chez l’habitant, il est honnête, et nous préférons l’imprimer que le taire.
L’endroit était un peu rustique, mais les propriétaires nous ont préparé de délicieux repas maison et les vues sur la baie donnaient à réfléchir. Content d’avoir dormi là et d’avoir vu un peu de la vie du village.



Une semaine plus tard, il revient pour la plongée, quatre jours en croisière au départ de Labuan Bajo. Du courant, du gros, et un guide appelé AK qu’il cite dès la première ligne de son retour.



Ruteng, et les canons que personne n’explique
Entre les dragons et la croisière, ils montent dans l’intérieur de Flores, vers l’air frais de Ruteng, les rizières en toile d’araignée et un village appelé Compang Todo. Wae Rebo était fermé par la pluie cette semaine-là, leur chauffeur a changé le programme et ajouté une nuit à Ruteng. Le verdict de Dean sur le moment tient en une phrase : ça s’est bien passé, aucun problème de notre côté.

À l’entrée de Todo se trouvent plusieurs petits canons anglais, vieux de plusieurs siècles, posés sur un muret de pierre en plein milieu des hautes terres manggarai.
Il n’y avait pas d’explication claire sur la façon dont ils sont arrivés là. Peut-être que les Hollandais les avaient capturés.



Alor, et le seul changement que nous avons fait sans demander
Son contrat le plaçait sur la grande île d’Alor avec un centre local. Deux semaines avant son arrivée, nous l’avons déplacé, et nous le lui avons dit une fois fait. Rien ne clochait dans la réservation d’origine. Nous en savions simplement assez sur sa façon de plonger, sur ce qu’il avait déjà vu pendant ce voyage et sur son budget pour penser qu’une petite île appelée Kepa, et les deux personnes qui la font vivre, lui correspondaient mieux.

La P’tite Kepa, ce sont des cases en bambou sur une bande de plage, en pension complète, cuisinée par les femmes du village, sur une île qu’on rejoint en pirogue. Tom et Yle la tiennent depuis des années. Il arrive le 20 mai et écrit ceci trois jours plus tard.
Le paysage, la plongée et l’ambiance générale vous mettent tout de suite à l’aise. C’est beau au-dessus comme au-dessous de l’eau.
La plongée à Alor fait le reste. Des dérivantes, des tombants, du muck et une plongée en eau noire au-dessus du large, la deuxième de sa vie.
Toutes ces créatures larvaires formidables, des pieuvres notamment, mais la plupart sont impossibles à identifier. Elles sont presque transparentes et lancent des éclats de couleur sur les bords du corps.
La semaine précédant son arrivée, une remontée d’eau froide avait poussé l’eau profonde dans le détroit et, avec elle, d’après ceux qui y étaient, des requins-marteaux et des môles. Il les a manqués de sept jours. Cela n’a pas l’air de le déranger.






Cet endroit gardera une place à part parmi toutes les plongées exceptionnelles que j’ai faites dans le monde entier.
C’est un plongeur de 820 plongées, qui a plongé aux Salomon et au Mexique, qui place une petite structure d’Alor en tête de sa liste. Nous ne le lui avions pas demandé et nous ne nous y attendions pas.



Sulawesi du Nord, trois semaines de macro
La dernière étape est la plus longue : quinze nuits et quarante et une plongées entre Bunaken, Bangka et Lembeh, dans le nord de Sulawesi. Il attrape un rhume en quittant Alor et plonge avec. Il avance aussi son transfert à Bangka d’une journée, parce qu’il en a envie, et c’est le genre de chose qu’un voyage de cinquante-sept jours permet.
Fin mai et début juin, c’est l’intersaison là-haut, ce qui se voit dans le carnet de plongée plutôt que dans la brochure. Deux jours à Lembeh, il a eu le centre pour lui seul. Ses mots : son guide, son bateau, son hébergement.
Ceux qui ont fait ce voyage
Dean cite des noms, et c’est la partie d’un récit qui ne se fabrique pas. Bernard à Bali. AK sur la croisière de Komodo. Le guide du village de Komodo qui savait où étaient les dragons. Jay chez Wild Scuba. Tom et Yle à Kepa. L’équipe de Gili Air Divers, qui a mis un bateau à l’eau pour un seul client, deux fois.
De notre côté : Rachel a géré son quotidien depuis le bureau, et Simon a construit l’itinéraire au départ.
Ce qui déraille vraiment sur un voyage de deux mois
Cinquante-sept jours, c’est assez long pour que des choses cassent. Un phare vidéo a pris l’eau à Gili Air et nous en avons fait livrer un autre à son hôtel d’Ubud. Une batterie du nouveau phare a lâché à Alor : nous avons monté le dossier de garantie avec le magasin de Bali pendant qu’il continuait à plonger, et le fabricant l’a remplacée. Son manomètre s’est noyé avant Manado et nous avons trouvé le seul magasin de la ville qui en avait un en stock. La pluie a fermé Wae Rebo. Deux vols ont bougé. Les heures de guide à Komodo n’ont pas collé au plan et nous avons payé la différence le jour où il l’a signalé.
Rien de tout cela n’apparaît dans son récit, et c’est bien le sujet. C’est aussi l’essentiel de ce à quoi sert une agence.
Ocean Earth Travels a fait un travail remarquable pour organiser cette aventure. Basés à Bali, ils ont préparé cette étape et tout s’est enchaîné sans accroc, hébergement et chauffeurs compris.
Dean Christofolis, dans Undercurrent, mai 2026
Préparez le vôtre
Le voyage de Dean a été construit de zéro autour d’un plongeur, de la photographie de sa femme et d’une règle simple : les bons sites d’abord, les vols autour. Le vôtre ne lui ressemblera pas, et c’est précisément l’idée.
- Alor, l’endroit où il retournerait en premier, et La P’tite Kepa, où il a séjourné
- Komodo, d’avril à novembre, les dragons et le courant dans la même semaine
- Belongas Bay, réservé aux plongeurs expérimentés, les chances de marteaux montent quand l’eau refroidit à partir de mai
- Nos safaris plongée, ou dites-nous ce que vous voulez et nous le construisons
Parlons-en : écrivez-nous en disant à peu près combien de temps vous avez, combien de plongées vous voulez dedans et ce que vous espérez voir.
Le voyage en images





















Photographies de Dean Christofolis et de Zita Quentin, dont le travail est sur zitasphotos.com. Propos recueillis en anglais et traduits par nos soins.






